Dessin de Gyp à propos de l'affaire Dreyfus

  Le 15 octobre 1894, le capitaine Dreyfus est arrêté sur ordre du ministre de la guerre, le général Mercier, et le 22 décembre, il est condamné par le conseil de guerre de Paris à la déportation perpétuelle pour avoir "livré à une puissance étrangère un certain nombre de documents secrets. Mais la "véritable" affaire, celle sur laquelle l'opinion va se déchirer, ne commence que fin 1897 avec, comme point d'orgue, la publication par Zola dans l'Aurore du 13 janvier 1898 de sa "lettre ouverte au président de la République", titrée par Georges Clemenceau, directeur du journal, "J'accuse !".

  Les juges militaires, convaincus de tenir la preuve, condamnent le capitaine à la déportation à vie. Nombre de gens du peuple, de socialistes, de syndicalistes - Jaurès par exemple - trouvent cette peine bien douce si on la compare à la peine de mort à laquelle de "simples soldats coupables d'une minute d'égarement ou de violence", (déclaration de Jaurès à la Chambre le 24 décembre 1894) sont condamnés sans barguigner.

Le capitaine, lui, n'a pas cessé de crier son innocence.

   Pendant l'été 1898, Jaurès démontre, dans son recueil d'articles Les Preuves, les mensonges accumulés par l'état major, cette "forgerie de faux".  Démasqué, le comandant Henry avoue ; arrêté, il se suicide le 31 août.  Les ministres de la guerre, les présidents du Conseil démissionnent en cascade, plutôt que de devoir engager la révision.    La Cour de Cassation, après avoir longtemps tergiversé, casse finalement l'arrêt de 1894 et renvoie Dreyfus devant un nouveau conseil de guerre.  Lorsque celui-ci se réunit à Rennes, en août septembre 1899, un nouveau gouvernement est en place depuis juin, présidé par Waldeck-Rousseau, un avocat qui avait fait voter en 1884 la loi légalisant les syndicats.  En septembre, tombe l'incroyable verdict de Rennes: Dreyfus est à nouveau condamné mais avec circonstances atténuantes.  Waldeck-Rousseau propose alors de faire gracier le capitaine par le Président de la République.  C'est chose faite, pour le plus grand désarroi des dreyfusards, qui, eux, attendent l'entière réhabilitation.  Elle sera acquise en 1906.


Extrait de :

Madeleine REBÉRIOUX. Historienne

L'affaire Dreyfus

Pendant l'été 1898, Jaurès démontre, dans son recueil d'articles Les Preuves, les mensonges accumulés par l'état major

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Lou Carbonnier