Puits de la Grillatié

  En ces années 1890, Carmaux est le cœur d'un bassin industriel houiller et verrier, mais il y a en 1895, 3000 mineurs actifs pour 1000 verriers environ, répartis très inégalement entre trois agglomérations :

Carmaux, Saint Benoît, Blaye et bientôt quatre, avec Cagnac, car l'exploitation de la mine se déplace.

L'extraction de la houille est donc éclatée sur des lieux divers, tandis que les industries annexes, ateliers, préparation des charbons ; triage et lavage, cokerie, agglomérés sont concentrés à Carmaux, véritable cité industrielle où la verrerie est également fixée près de la gare.

  Le paysage industriel, qui n'est pas celui d'un pays noir, est dominé par les chevalements des puits, les hautes cheminées de la verrerie et celles de la mine qui produit elle-même la vapeur qui actionne la machinerie des puits et les pompes d'épuisement.

  Pour le mineur de fond : la journée commence très tôt. Dans la nuit qui précède l'aube, c'est le rassemblement au vestiaire, pour endosser l'habit de travail constitué de vêtements usagés : vielles chemises, pantalons de velours râpés, et de sabots, rarement de vieilles chaussures car le mineur n'en a qu'une paire, celle de son mariage dans la plus part des cas, et la fait durer le plus possible.

  Il passe ensuite à la lampisterie pour remplir et allumer sa lampe et il attend son tour pour prendre la cage. Les premiers descendus seront les premiers remontés ; c'est le règlement. A cette époque les mineurs travaillent en couple ; ils assurent l'abattage du charbon, le boisage du chantier et l'évacuation de la houille jusqu'à la première galerie de roulage, où les rouliers les relaient.

L'abattage se fait à la main et à l'explosif. L'équipement se compose d'un pic à une pointe, un pic à deux pointes appelé " trace ", une pelle sert à charger le charbon dans des wagonnets dont les bords sont à plus d'un mètre de haut. Une petite hache et une scie permettent la préparation des pièces de boisage. Ainsi qu'une massette servant à frapper sur une barre utilisée pour forer les trous  pour l'explosif.

  Dur métier, qui exige d'autant plus de force et d'endurance que les piqueurs travaillent à la tâche et au prix fait.


Extrait de : Patrick TROUCHE


Les mines de Carmaux

Pour le mineur de fond : la journée commence très tôt. Dans la nuit qui précède l'aube, c'est le rassemblement au vestiaire

Au pays de

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Lou Carbonnier