Jean Baptiste

Calvignac

  Les vingt cinq ans durant lesquelles Jaurès fut député de Carmaux marquèrent une évolution capitale dans la vie de la cité.

  De bourgade rurale, Carmaux devient alors une petite cité industrielle.

  A cette époque, les mineurs produisent, dans des petits jardins attenants à leurs habitations, les éléments de base de leur nourriture : le porc consommé en saucisses ou en salé, les lapins et les poulets, quelques légumes secs, peu de légumes verts. Ils doivent acheter le pain (800 grammes par jour et par homme) et enfin le vin qui complètent leur nourriture habituellement, proche de celle des paysans de l'époque.

  C'est d'ailleurs l'augmentation de ces denrées de base qui, pour la première fois, sera à l'origine des  mouvements sociaux à partir de 1883.

  Les verriers, compte tenu de l'aspect de leur métier et en raison de leur salaire plus élevé, ont une nourriture plus riche.

  C'est au cours de cette période que se développent deux nouveaux quartiers ;

- Un, le long de la Route Impériale 88

- Un autre à forte densité ouvrière, dans le faubourg Saint Cécile. C'est ici que logent de nombreux mineurs dans de petites maisons entourées d'un jardin, louées à la fin du siècle, 100 à 120 francs par an. Les moins fortunés sont logés par la " Compagnie " dans des logements plus exigus, les " maisonnettes "

  La ville s'est également transformée sur le plan sociologique et le sentiment que seule la richesse terrienne peut donner des droits politiques s'est peu à peu effacée.

  De 1848 à 1892, les facteurs idéologiques et politiques ont été si nombreux et si variés que c'est à travers un enchaînement de transformations successives de nature variée, de portées parfois inégales, que s'est peu à peu façonnée une identité ouvrière dans un bassin que tout, si ce n'avait été le charbon, prédisposait à rester profondément agricole.

  Cette influence de l'industrie en plein essor a agi sur les mentalités, sur la ville, sur les hommes. En 1893, il s'en est trouvé un qui a symbolisé cette prise de conscience et depuis, Carmaux reste fidèle à Jean Jaurès et à son idéal.       

       

Extrait de :  J.P.  IZARD

Carmaux sous la 3 ème République

Aucouturier et Calvignac mènent un combat politique qui aboutit à l'élection d'une liste totalement ouvrière aux municipale de 1892

Au pays de

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Lou Carbonnier